lundi 16 mars 2009


Quand le temps passe lentement, les heures sont tristes chevaux blessés, les minutes sont crabes qui ne trouvent pas la plage qui ne rêvent pas déjà de la mer; les secondes sont une éternité, galaxies qui heurtent, une lumière électrique perdue dans l'espace.

La lumière du printemps est encore lointaine, et nous ne comprenons pas comment ils font sauter les insectes perdus dans l'admósfera d'un soleil qu'ils ne comprennent pas.

Les rues sont horloges qui ne mesurent pas le temps, mais ils le trompent dans les pas qui équivalent aux secondes en heurtant dans les talons de chaussure de quelques chaussures précieuses rouges que nous n'aurons jamais.

samedi 7 février 2009

La fenêtre


La fenêtre

Par la fenêtre d'une chambre qui n'existe pas
on peut voir le lieu où les touristes s'embrassent
et font des photos.

Par la fenêtre d'une chambre qui n'existe pas
on peut voir tomber la pluie
sur les rues les plus fréquentées de la ville.

Par la fenêtre d'une chambre qui n'existe pas
le soleil du printemps arrive avant .

Par la fenêtre de mon chambre
on ne peut pas voir les rues,
mais à l'intérieur de cette chambre de petites fenêtres
tu es.


Tanja et Monique

vendredi 30 janvier 2009

Cristina Falcón

Cristina Falcón (Trujillo, Venezuela) a publié Premura sagrada (1986) et Memoria errante (2008)
















Nous émigrons
les plus retardataires
des oiseaux maladroits
sans habitacle.

De l'avoir su
nous n'aurions changé pour rien du monde
cette terre
cette boue sous nos pieds.

***

Le calme ne sert de rien
s'il n'y a pas de tranquillité.
Le paradis, de rien
si on est un seul passage.


Traduction Tanja et Monique.

mercredi 21 janvier 2009

Tes yeux


Chez Nous les murs sont impénétrables.
Les yeux de la personne aimée sont petites fentes.
Ils sont petits trous qui sont ouverts dans le mur
et laissent entrer brièvement la lumière.
L'obscurité est un mur de tristesse devant les yeux
quand les fenêtres sont seules trous
quand la lumière n'existe pas
quand tes yeux
tes yeux
tes yeux
tes yeux
se ferment.



Tanja et Monique

jeudi 8 janvier 2009

Amalia Bautista


Amalia Bautista (Madrid, 1962), a publié Cárcel de amor (1988), La mujer de Lot y otros poemas (1995), Cuéntamelo otra vez (1999), Hilos de seda (2003), Luz del mediodía. Antología poética (2007).







Compte-le-moi de nouveau


Compte-le-moi de nouveau, il est si beau
que je ne me fatigue jamais de l'écouter.
Répète-moi de nouveau que la paire
du conte a été heureuse jusqu'à la mort,
qu'elle n'a pas été infidèle
que il non plus ne l'a trompée jamais.
Et n'oublie pas dont, malgré le temps et les problèmes,
ils continuaient s'embrasser chaque nuit.
Racompte-le-moi mille fois, s'il vous plaît:
c'est la plus belle histoire que je connais.


Traduction: Tanja et Monique.

lundi 5 janvier 2009

José Luis Piquero



José Luis Piquero (Asturies, 1967) a publié trois livres de poèmes : Las ruinas(1989), El buen discípulo (1992) et Monstruos perfectos (1997) Selección nacional (1995), Generación del 99 (1999), 10 menos 30 (1997) et Poesia espanhola, años 90 (2000). Il écrit critique d'art dans des moyens distincts.





Des survivants


Personne ne nous a appris ce qui était le correct
ni que la vie, bien administrée,
était merveilleuse.

La moitié de nous a été perdue dans le chemin,
en essayant d'entendre les choses les plus simples.


C'est sûr que la vie était merveilleuse,
mais nous marchons et marchons
et ce chemin ne se termine jamais.


Traduction de Tanja et Monique

dimanche 28 décembre 2008

Marcos Tramón



Marcos Tramón, Escombros. Llibros del Pexe, Oviedo 1996.









L'AMOUR COMME ÇA

Je déteste tomber amoureux
de toi de cette façon,
avec cet amour si grave et si profond.
Un jour,
quand tu ne t'attendras pas à cela,
je te détesterai avec une haine plus profonde
que l'amour et plus grave.
Comme on dit que détestent
ceux qui ont aimé tant.




Traduction Tanja et Monique

dimanche 14 décembre 2008

Poésie et pensée.


Nous sommes en train de repenser la poésie et de lire nouveaux poètes que traduire.


Bref nous suivons avec vous.


T & M.

mercredi 26 novembre 2008

Juan Larrea

JUAN LARREA (1895-1980) est l’un des représentants les plus singuliers des avant-gardes hispaniques. Son seul recueil de poèmes, Versión celeste fut publié pour la première fois en Italie en 1969 et en Espagne une année plus tard. La parution tardive de ce livre s’explique aussi bien par le mépris de l’auteur vis-à-vis de la gloire littéraire que par son exil après la Guerre Civile (1936-1939).

RAISON

Succession de sons éloquents mus à éclat, poème
est cela
et cela
et cela.
Et cela qui arrive à moi en qualité d'une innocence aujourd'hui
qui existe
parce que j'existe
et parce que le monde existe
et parce que les trois nous pouvons cesser d'exister correctement.




Traduction Tanja et Monique.

dimanche 16 novembre 2008

TAPAS BAR


TAPAS BAR

Quelques bières sur la table.

Le goût des olives dans la langue
dans ma langue
dans ta langue
dans nos bouches.

Les baisers sont colombes
qui volent sur la tour de la cathédrale
en cherchant le chemin de la rivière
Les bars se remplissent
des amants qui s'embrassent
et pensent que ce sont des colombes
sur le Guadalquivir.



Tanja et Monique


La photo, de ce blog.

vendredi 7 novembre 2008

Photos (I)

Grenade

Seville





jeudi 23 octobre 2008

Gloria Gil Romera



Gloria Gil Romera (Madrid, Espagne, 1983) A étudié Philologie Hispanique dans l'Université d'Alcala. Elle a écrit : Los perdedores están ganando, Cartas de ida y sin vuelta et Poemas de dominio público (2007). Ses poèmes apparaissent dans l'anthologie 23 Pandoras.




GODOT ATTEND AUSSI

Godot attend aussi,
dans la taverne de Reina Victoria
attend son tour en prenant une bière.

Il a déjà succédé,
comme nous avons su depuis le principe des temps,
cela passe.

Déjà ma maison est vendue et les enchérisseurs
sont cruels dans son innocence de naufragés
qui ont perdu et maintenant ils voudraient gagner
de n'importe quelle façon, n'importe quelle chose.

Ils font ses paris.

Godot attend aussi,
non en vain l'espérance
n'est plus qu'une condamnation.




Traduction Tanja & Monique

mercredi 22 octobre 2008

Destination: L'Andalousie

La proche destination: l'Andalousie.


Une semaine en route philologique par l'Andalousie, que nous savons qui sera une semaine de gastronomie, d'amitié reopposée et de littérature, beaucoup de littérature.

Raphaël, un ami très aimé, nous recevra à Grenade. Avec lui, et à la rencontre de notre amie Raquel, nous passerons la plupart du temps à Séville.


Nous promettons donner des nouvelles de tout celui que nous découvrons.


Pour l'instant, nous les laissons avec ce poème de Jules Verne:







Connaissez-vous mon Andalouse


Connaissez-vous mon Andalouse,
Plus belle que les plus beaux jours,
Folle amante, plus folle épouse,
Dans ses amours, toute jalouse,
Toute lascive en ses amours!
rai dieu ! de ce que j'ai dans l'âme,
Eussé-je l'enfer sous mes pas,
Car un mot d'amour de ma dame
A seul allumé cette flamme,
Mon âme ne se plaindra pas!
C'est que ma belle amante est belle,
Lorsqu'elle se mire en mes yeux!
L'étoile ne luit pas tant qu'elle,
Et quand sa douce voix m'appelle,
Je crois qu'on m'appelle des Cieux!
C'est que sa taille souple et fine
Ondule en tendre mouvement,
Et parfois de si fière mine,
Que sa tête qui me fascine
Eblouit comme un diamant!
C'est que la belle créature
Déroule les flots ondoyants
D'une si noire chevelure
Qu'on la couvre, je vous jure,
De baisers tout impatients!
C'est que son oeil sous sa paupière
Lance un rayon voluptueux,
Qui fait bouillir en mon artère,
Tout ce que Vénus de Cythère
Dans son sein attise de feux!
C'est que sur ses lèvres de rose
Le sourire de nuit, de jour
Brille comme une fleur éclose
Et quand sur mon coeur il se pose,
Il le fait palpiter d'amour!
C'est que lorsqu'elle m'abandonne
Sa blanche main pour la baiser,
Que le ciel se déchaîne et tonne,
Que m'importe, - Dieu me pardonne,
Il ne peut autant m'embraser!
C'est que sa bouche bien-aimée
Laisse tomber comme une fleur
Douce haleine parfumée,
Et que son haleine embaumée
Rendrait aux roses leur couleur!
C'est que sa profonde pensée
Vient se peindre en son beau regard,
Et que son âme est caressée,
Comme la douce fiancée
Quand l'amant vient le soir bien tard!
Allons l'amour, les chants, l'ivresse!
Il faut jouir de la beauté!
Amie ! oh que je te caresse!
Que je te rende, ô ma maîtresse,
Palpitante de volupté!
Oh ! viens ! viens toute frémissante,
Qu'importe qu'il faille mourir,
Si je te vois toute expirante
Sous mes baisers, ma belle amante,
Si nous mourons dans le plaisir!

dimanche 19 octobre 2008

Fin

Ils se sont terminés, les jours de rêve et de bonheur dans Villefranche!
Nous n'avons pas encore défait les valises à Paris et déjà nous sentons de la nostalgie par Villefranche.
Dans nos souvenirs tous ces jours passés seront encore présents un peu plus du temps. Et quand ils se convertiront en passé, ce sera le passé merveilleux auquel recourir les nuits les plus froides de l'hiver: un passé en face du soleil, en face de la mer, sans rien à faire -vivre excepté-.
Vivre avec le soleil dans le visage, avec la brise marine et avec le bonheur en parcourant le chemin de notre corps.
Ils se sont terminés, les jours de bonheur et de rêve dans Villefranche!


mercredi 8 octobre 2008

Flâner


Les jours passent légers et nous faisons rien.

Tanja est déjà ici, dans Villefranche, et les deux assemblées nous nous promenons, lisons poésie, buvons du vin par l'après-midi, en face de la mer qui apporte déjà la fraîcheur de l'automne à une Méditerranée de plus en plus bleue.

Des avantages : toutes.

Des inconvénients : tôt nous aurons à revenir à Paris, à la routine, au travail qui ne nous permet pas d'ouvrir les ailes autant que nous voulions.

Mais maintenant non.

Maintenant nous continuons de jouir.

Disculpez la lenteur du blog. Nous suivons en vacances.



Tanja et Monique

mardi 30 septembre 2008

Encore dans Villefranche


Parfois la pluie, et parfois le soleil
changent la physionomie des petites choses.
Nous changeons aussi chaque jour.

La Méditerranée est merveilleuse,
mais il peut se convertir en coutume.

Les souvenirs pèsent encore plus dans un automne,
et Paris est loin et la mer est ici au côté,
et nous savons que nous commettons des folies,
tombons dans les pires erreurs
et nous ne nous repentons pas, cependant.

Mais quelque matin, dans le miroir...
Monique XX

dimanche 21 septembre 2008

Manuel Vilas - Audi 100



Manuel Vilas (Barbastro, Saragosse, 1962)









AUDI 100

Manuel Vilas se a acheté un Audi de la troisième main, un Audi 100,
et il le mettait à deux cents par l'autoroute de Barcelone,
et tout de suite avait à payer le péage et cela qui n'allait à aucun endroit.
On continuait de regarder l'Audi dans l'après-midi dimanche,
dans la moitié du déboisé, dans la moitié du désert.
Le grand désert qui clôture la ville de Saragosse,
stérile et acide comme une bouffée d'uranium enrichi.
Il regardait les roues et les frappait avec ses bottes de pointe,
et pensait qu'ils étaient très très dures, pleins d'un air abêti,
et c'est qu'il finissait d'être dans une station-service qui se nommait "El Cid",
et il les avait gonflées, ce sifflement puissant des valves,
et regardait le dessin des roues, labyrinthique et abstrait comme les raies
de la main, et rien ne s'est regardé la main, la peau rugueuse exaltée
dans aucun lieu, et il avait change
le vieux radio-cassette de l'Audi par un compacdisc Pioneer,
avec six haut-parleurs, 800 euros en Carrefour,
et il a mis Lou Reed au compac, et bien, très bien,
Street Hassle a mis, et bien, bien, très bien, il a dit à nouveau,
cela était tout, l'Audi 100, la vie noirâtre, la proximité d'un peuple
qui s'apelle Bujaraloz, l'autoroute de Barcelone, les camions infinis,
un taureau d'Osborbe près de Pina, le dimanche, aigre et crucifié,
et Lou Reed en ne sonnant nulle part, dans le désert céleste,
les 800 euros changés en le plus beau cri de la terre,
et aucun ange du ciel en descendant, et Manuel Vilas
-un serf de rien, en fumant, stérile, en raisonnant, gémissant-
sifflait sous le soleil inclément, diffus, le soleil ivre,
et il leur donnait des coups de pied aux roues, et les roues
lui rendaient l'impulsion, et cela était spirituel,
et a pensé à la boîte à gants, et il a ouvert la boîte à gants, et a regardé la documentation,
et a lu son nom, et a ouvert le coffre à bagages, et il lui a semblé que là il y avait
un tas d'endroit pour garder des choses, et cela tout à coup l'a fait complètement heureux.



Du Resurrection (XV Prix Jaime Gil de Biedma), Visor, 2005.


Traduction: T & M.
Photo: Daniel Mordzinski.

samedi 13 septembre 2008

Parfum


À Grasse, nous avons découvert le monde délicat du parfum, de l'artisanat élaboré vers l'odorat, d'un monde où le délicat se mélange avec le subtil, et la merveille naît.

L'usine historique du XIX ème siècle est pleine de ateliers et de salles de conditionnement où on peut découvrir les matières preières, de milliers de produits qui ont chacun leur odeur, leur couleur...c'est fantastique!

Nous ne connaissions pas comment une odeur fabriquait l'âme, maintenant nous savons que les parfums ont cette délicatesse du travail fait avec du goût et de l'affection.
Fragonard, ici.